Elle m’obsède

Assise en face de moi, je la dévore, la dissèque, elle m’obsède. La bretelle de son bustier m’obsède. Elle m’observe, je ne détourne pas mon regard une seule seconde. Je pantelle. On se sent vivre dans ce genre de moment, on est dans l’expectative, on s’imagine la suite, ce qui va se passer. On essaie de prendre son temps pour ne pas faire d’erreur. Ne pas faillir, ne pas s’égarer. On a conscience que les dés sont jetés et que ça n’est plus qu’une histoire de minutes.

Je jouis de ces instants, j’éprouve toute une accumulation de sentiments, une sorte d’hyperémotivité incoercible. Un vaste champ d’idées sillonne mon esprit à une vitesse confusionnelle. Je me sens comme ivre, écartelé entre mon envie de l’embrasser, de l’amener vers moi, de ressentir son corps ardent près du mien et entre cette réflexion, cette crainte qui me retient d’agir, ce jeu qui je sais, vient juste de commencer et qui à présent, ne tient plus qu’à une histoire de secondes. Je m’approche d’elle. Nos regards concupiscents se font plus intenses. Je sens sa main sur la mienne, j’observe ces deux contrastes qui semblent ne faire qu’un. Blanc sur noir, noir sur blanc. Je la contemple de nouveau, la dévisage. Je fixe sa bouche. Elle s’amuse à se mordre la lèvre inférieure. Je n’y tiens plus. Mes lèvres se posent sur les siennes. Nous y sommes. Je l’embrasse dans le cou tout en prenant soin de la mordiller.

Mes mains se faufilent dans sa longue chevelure brune. Son odeur m’obsède, je déraisonne. Plus rien ne compte, le temps s’arrête. Tout pourrait s’écrouler autour de nous, sans que cela nous perturbe. La bretelle n’est plus. J’effleure son dos et continue de lui caresser le visage. Je finis par lui dérober sa jupe, puis ses bas. Je chancèle à la vue de ses ravissantes cuisses charnues. Je la regarde avec appétence. Je sens ce désir corrosif m’atteindre au plus profond des tripes. Je descends délicatement ma main le long de ses jambes. Je la rapproche encore plus près de moi. Elle commence à gémir, mais doucement, pas fort pour le moment. Elle me pousse sur le lit, saisit les collants et me bande les yeux. Plongé dans l’obscurité la plus totale, je ressens mes autres sens s’éveiller un à un. Je n’ai prescience de rien. Je l’entends crier, je crie à mon tour. Notre respiration se fait haletante, je sens sa chevelure sur mon torse. Son parfum me caresse les narines, son odeur m’apaise, ses baisers me transportent. Puis, le nœud semble se desserrer. Quelques points lumineux apparaissent de nouveau, mes yeux se réadaptent à ce retour forcé à la réalité. Nous reprenons notre souffle, piano, piano. La tension s’affaiblit.

« — Tu sais, finit-elle par chuchoter tout en me prenant la main, lorsqu’on mélange le blanc et le noir, ça fait du gris, c’est une couleur terriblement ennuyante le gris, non ? Je fronce les sourcils. Pourtant, reprit-elle, à ce moment précis, je n’arrive pas à imaginer une seule seconde, comment cela pourrait être ennuyeux… « 

Lei & Louis

Kupka
Kupka
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10 Comments

      1. C’est drôle, car je l’avais écrit COUPABLE au départ ! Mais oui, c’est un concept qui me questionne grandement, et j’adore les néologismes. Merci de ton retour !

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