Finlande, Russe et moment de solitude – Partie I

Assis sur mon minuscule siège, je patiente que ce maudit coucou décolle et qu’on en finisse. Je pars en Finlande. Je sais, personne ne va en Finlande, il y fait froid, y’a des blonds partout et puis des arbres aussi et des lacs gelés, mais moi je m’en tape, je le fais pour une bonne raison. La conquête d’un nouveau pays, je suis un peu Napoléon dans l’âme. Russie, belle Russie. Un homme vient prendre place à côté de moi et casse mon esprit de conquistador. Il engage la conversation. C’est un Marocain sympathique. Il me prend pour un arbi et commence à me parler en arabe. Je lui sors les 3 mots qu’un de mes potes m’a appris et il comprend avec regret que je ne suis qu’un imposteur de français, un mélange sans intérêt, apatride et un peu chelou. Nous discutaillons un peu. Je lui avoue que j’apprécie énormément le Maroc, que je suis allé à Fès et que c’était un séjour surprenant, ah oui, je rajoute aussi que l’Hawai est l’une des plus grandes inventions de ces derniers siècles. Après réflexion, je me dis que faire ce genre de rapprochement fait un peu limite, c’est comme si je lui avais balancé que j’adorais le couscous… ouais, mais en fait je m’en carre, je préfère passer pour un vieux facho entiché de clichés dégueulasses plutôt que de cacher mon fanatisme pour le Hawai.

Lui, de son côté, me raconte qu’il fait tout ce trip pour retrouver sa femme en Finlande. Il a quitté Marrakech il y’a quelques heures. Merci le changement de climat. Il a eu un visa pour un an, il continue en rajoutant que s’il fait trop froid, il rentrera fissa. C’est sa première fois en Finlande, le deuxième vol de sa vie. Je lui demande comment il a rencontré sa petite amie, il m’explique qu’ils se sont vus à l’hôtel où il travaillait. Sarteck. Il m’avoue qu’elle avait réservé pour une nuit et qu’elle est repartie au bout de 4 mois. Je me sens obligé de lui en taper 5. Ce genre d’histoire forge l’admiration. Il a de la tchatche le mec, je me dis furtivement qu’il ferait un excellent vendeur de tapis, ooops I did it again.

Ah, bonne nouvelle, il a extrêmement peur en avion, ça fait plaisir. J’en ai marre de chialer seul sur mon fauteuil. Et c’est parti, décollage, ultime prière et une énième fois, je commence à imaginer ma fin tragique dans un crash. Je me demande quelles seront les personnes les plus tristes, les plus heureuses, les plus indifférentes… si on m’organisera un enterrement majestueux, avec une chorale gospel et ma photo en grand format placardée un peu partout. Puis, je préfère oublier l’idée de la photo, je connais mes judas d’amis, ça finira certainement en tournoi de fléchettes.

Pendant le vol, mon nouveau pote achète de quoi manger. Il le dépose sur le siège qui nous sépare et avec un big smile il me fait signe de me servir. Je fais mon français coincé et je lui dis non merci alors que j’ai une de ces fringales je vous raconte pas…mais pas question de sortir un sou de plus pour cette enflure de Ryan et ses sandwichs à 8 euros, j’ai déjà donné dans le good deal. Il insiste… fallait pas insister. Je retrouve mon côté africain et commence à finir toute sa bouffe comme un glouton. Je le remercie, plein de chocolat sur les doigts. C’était savoureux. Ce genre de valeur, d’attentions, sont les choses d’Afrique qui me manquent le plus. Les gens n’hésitent pas à partager alors qu’ils n’ont presque rien. Moi par exemple, pur produit occidentalisé, j’aurais mangé ma barre chocolatée en scred où pire, j’aurais attendu qu’il parte aux toilettes et que je sois seul pour l’engloutir d’un coup et ne pas avoir le poids de la culpabilité d’être un sale lâche d’égoïste.

Beaucoup de turbulences sur ce vol, il est dans tous ses états et ça a l’air de l’achever. À chaque fois que l’engin vacille, je le vois bondir. Ça me fait tellement marrer que j’oublie d’en avoir peur. Il finit par s’assoupir où bien a-t-il une crise cardiaque ? Dans tous les cas il ne bouge plus. Je m’endors à mon tour sur cette charmante pensée. Signal sonore inaudible, apparemment l’avion va atterrir. Mon ami tressaille. Il n’a pas l’air au top le garçon. Il transpire à grosses gouttes, j’ai l’impression de revoir la vidéo de la première interview de Zuckerberg sur YouTube.

Les roues touchent le sol, l’avion ralenti. Il regarde de tous les côtés et commence à sourire. Un sourire rempli de sérénité, j’en ai même un frisson. Respire l’ami, la faucheuse, ça sera pour une autre fois et tant mieux pour moi d’ailleurs. On descend de l’appareil, le vent nous balaye la face, on chancelle. J’enfile un pull, il ferme son blouson, son visage se crispe, ses poings se resserrent, je lui donne 2 mois.

Pour lire la suite, clique ici

(clique bien sur ici et non sur clique , sinon ça marche pas l’ami)

Merci petit Jésus ou qui que tu sois d’avoir inventé l’orgasme en bouteille…dommage que tu n’aies pas voulu l’exporter en Europe, selfish de merde.
Merci petit Jésus ou qui que tu sois d’avoir inventé l’orgasme en bouteille…dommage que tu n’aies pas voulu l’exporter en Europe, selfish de merde.

Relu et approuvée par Dagauninette et ma cousine ! Rien que ça…

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