¿Donde esta el negro? Part-II

Je m’étais arrêté ici, je reprends là :

Le ciel est bleu, connard, le ciel est bleu, canard. On déambule d’un pas paisible sur la Ramblas. La douce lueur du soleil caresse les palmiers de la place. Ça en jette. Les mecs semblent happy. Seul problème, les saucissons dégueu nous ont ouvert l’appétit. On crève de faim. On se dirige direct vers un bar à tapas à quelques mètres de là où l’on se trouve. Ça a l’air plutôt traditionnel. Je leur dis que je n’ai pas checké le nombre de points sur Tripadvisor, on me répond d’aller me faire mettre. No problem, j’y vais de ce pas.

Plusieurs personnes sont en train de manger. On aperçoit un imposant buffet posé sur le comptoir. Les jambons ibériques sont accrochés par dizaine et pendouillent gentiment. Quelques photos moches sont épinglées sur le mur, ça semble correct. Le serveur débarque. Il a une tête d’ahuri, ses cheveux sont gras et bouclés. Il ressemble à Carles Puyol en plus jeune et franchement, personne n’a envie de voir ça. On commence à commander des tapas. Il nous balance « no problem » avec un accent à la Zorro. On lui demande le prix, il nous dit « not expensive » mouais, marchand de tapis va ! Il revient avec plusieurs assiettes. Au menu, du succulent jambon ibérique (qu’on finit en à peu près 10 secondes), quelques morceaux de tortilla, des ailes de poulets absolument immondes et quelques amuse-gueules. Au bout de 5 minutes, on a tout défoncé. Pas une miette. « On en reprend, finit par dire Shemy ». Les gars ont l’air OK. Je rétorque qu’on devrait peut-être checker les prix avant. En bon radin que je suis. Les mecs acquiescent. Le serveur moche revient, on lui réclame l’addition, il se pointe dans la minute et la pose discrètement, genre je dégoupille la grenade et me tire avant que ça pète. Je vois les yeux de JP qui grossissent. Shemy rigole, l’albatros est plié. David se lève et regarde la note à son tour et explose de rire. Je pense que je vais être le seul à ne pas me taper le cul par terre. BAM, 105 euros. On hallucine. L’assiette de jambon taxée à 25 euros, les couverts : 5 euros par tête. Jeremy rappelle le type et commence à lui demander s’il nous prend pour le jambon qu’il nous a servi. Le serveur moche s’excite et nous insulte en espanglais. « Fiesta, fiesta, Chicas, puta di madre, you fucking tourists, speedy gonzales aie, aie, aie » on ne comprend que dalle. On se regarde l’air grave. Le genre de coup d’œil que l’on peut avoir après un viol collectif. Jean-Pierre s’énerve, Shemy dit que c’est abusé, David montre son tatouage avec fureur et l’albatros sourit sereinement. Je suis blasé, eux dans quelques instants ils auront tout oublié, mais moi, moi ça va me ronger toute la journée. Je décide de partir soulager ma vessie. Je me lève et entends que les clients d’à côté sont français. Je me présente à leur table et leur conseille de fuir. Je leur explique qu’on vient gentiment de rencontrer Sodome et Gomorrhe et que malgré leur hospitalité, on ne reviendra pas. Ils n’ont plus l’air très chaud et se barrent. J’ai les nerfs, on s’est fait avoir comme des bleus.

J’ouvre la porte des chiottes. Elles puent l’urine, c’est une horreur. J’ai du mal à respirer. En retournant dans le restaurant, je remarque une certaine agitation. J’aperçois les mecs qui se marrent. Ils tiennent tous leurs cartes à la main. Le serveur moche gesticule dans tous les sens. J’arrive près de Shemy, il me regarde et me balance en rigolant « aha el negro ». Je me dis que ce type est totalement con s’il vient juste de le réaliser. Le serveur me voit débarquer et me mate d’un air mauvais. Je rêve de lui en mettre une dans les côtes. Il me fout le lecteur de carte sous le nez. C’est bon détends toi, enfant de catin ! Je regarde les 21 euros se débiter de mon compte, ça me démoralise. Je tends ma main pour récupérer ma CB, mais il préfère la jeter sur la table et se barrer façon John Wayne. Je suis prêt à lui sauter dessus et l’obliger à bouffer ses cheveux gras, un par un, puis, je me dis que c’est un coup à finir en taule le jour du Nouvel An ou de me faire démonter devant mes potes. Bref, dans les deux cas, je ne peux pas me le permettre. Avant de quitter les lieux, je le dévisage et maudis toute sa famille, ses descendants comme ses ancêtres. Je prends ma carte et rejoins les autres qui m’attendaient dehors.

Les mecs rigolent en me voyant. Je commence à en avoir assez de leurs sourires de déficients mentaux et demande des explications. Jean-Pierre me dit que pendant mon absence, le serveur laid pensait que j’étais parti sans payer. Du coup, il aurait crié pendant 5 minutes « Donde esta el negro » dans tout le restaurant. Je ris jaune. (Paella, facile). Je suis encore plus remonté. J’ai envie d’y retourner, de casser une vitre, de l’assommer avec son jambon à 20 balles et de le planter avec ses couverts à 5 euros. David essaie de relativiser, expliquant que « negro » n’est pas péjoratif du tout, mais veut simplement dire noir en espagnol. Je remercie Mr Reverso et lui rétorque que même en français si on balançait « OÙ EST LE NOIR ? » ça resterait limite, je ne sais pas, il aurait pu dire où est votre ami ? Ou alors, où est le garçon un peu coloré à la rigueur « OÙ EST LE NOIR ? », ça fait un peu Battle Royale featuring Ku-Klux-Klan.

On continue d’avancer sur la Ramblas. On est tous un peu véner à cause de cette histoire et le plus triste c’est que nos ventres gargouillent encore. On finit par atterrir dans un autre bar à tapas à deux pas du premier. Prix affichés, cette fois-ci. Tout y est moins cher et meilleur. L’addition est de 50 euros de moins. L’aigreur. Quelques bières plus tard, nous sommes sur la Ramblas. L’alcool nous a fait du bien. Shemy est dans tous ses états. David est saoul et joyeux, l’albatros a un coup de speed quant à Jérémy, il ne semble pas au top, il peine déjà à marcher. Il est à peu près 19 heures quand les mecs décident d’aller du côté de Montjuïc, une colline avec une superbe vue sur Barcelone. Arrivés sur les hauteurs, nous avons une vue impressionnante sur le tout Barcelone. Je m’approche d’une très jolie fontaine. Quelques gouttes rafraîchissantes viennent se poser sur mon visage. JP plonge sa main dans l’eau et s’en fout sur la face. Plus loin, j’aperçois une grande tour au formes étranges qui me donne le vertige, elle se tient fièrement devant moi, balayée par les rayons du soleil. On se pose tranquillement sur l’herbe pour profiter du cagnard tout en discutant et buvant quelques godets. De retour en ville, on choisit une valeur sûre pour manger, ce sera le roi du Burger, Whooper = no surprise, même RadioHead le clame. Alors qu’on s’empiffre comme des petits gros, on se rappelle que c’est bientôt le Nouvel An et qu’on avait prévu de regarder les feux d’artifice sur la plage. Un coup d’œil à ma montre, il est 23 h 55. Je dis aux gars qu’on ferait mieux de courir. On se met à cavaler. On crie et saute dans tous les sens effrayant les passants avec nos chansons paillardes. C’est bien connu, les Français sont chez eux partout. Alors que nous sommes presque arrivés, nous entendons les feux d’artifice et les sifflets. Bordel, on a réussi à rater ça.

On débarque sur la plage, elle est bondée. Le désordre total. Shemy a encore un trop plein d’énergie et fais des pompes, JP et David s’égarent je ne sais où. Je marche sur le sable et flaire l’air marin. Je me faufile entre les personnes et me dirige vers le large. Une jolie fille se rapproche de moi. Elle parait totalement troublée. Elle doit être saoule, génial, je me dois d’attaquer. Rempli de bonhomie, je commence à l’accoster. Elle est brune, elle à un visage très charmant. J’adore le grain de beauté sur le haut de sa joue. Ses cheveux sont longs et bouclés, ils flottent dans l’air tout doucement. Ses yeux sont marron et dégagent une espèce de nostalgie dramatique, très attirante. Elle m’examine puis m’avoue timidement qu’elle vient de se faire insulter de « Dirty Bitch » et qu’elle ne sait même pas pourquoi. Je lui réponds qu’elle ne ressemble pas du tout à une dirty bitch, qu’elle est bien trop gracieuse pour ça. Elle sourit. Elle me dit qu’elle est italienne. Je suis prêt à dégainer. Puis elle revient sur le fait que ce connard était français et qu’elle déteste les Français. Je range mon vit ( ???). Elle a la bonne idée de dire « Where you from ? ». J’hésite à lui dire Cubain ou Brésilien, mais si elle parle espagnol ou portugais, j’aurais trop l’air d’une merde. Je lui annonce que c’est « funny ! Actually because I’m French ! » Elle n’a pas trouvé ça drôle. Elle me regarde avec mépris et prend la fuite. Je l’observe partir, elle a un sacré fessier. Je suis blasé. On avait pourtant un bon feeling. Tu te barres seulement pour ça ? Il avait raison mon compatriote, Dirty Bitch va !

Je retrouve les gars un peu plus loin. David est en train de parler avec quelques Espagnols. Il semble aux anges, je l’ai trouvé très pensif durant le voyage, ça me fait plaisir de le voir rayonnant. Je tombe sur JP qui arrive en galopant vers moi. Il sourit comme un con. Il est totalement saoul. Il me dit qu’il était sur la plage et qu’il vient d’insulter une meuf avant de se barrer en courant. « Tu aurais dû la voir, elle avait les larmes aux yeux ! » conclût-il avant de repartir en sautant vers David. J’aurai dû m’en douter. Nicheur de plan de merde.

La foule se dissipe. On décide de trainer nos carcasses vers une discoboite. On tire la gueule à la vue des files d’attente, longues de 150 kilomètres. Shemy dit qu’il connait un endroit pas trop mal, mais qu’il faut prendre le taxi. On hésite. Il rajoute qu’il est pote avec le videur, un mec qui fait du jujitsu avec lui, il nous sort un argument qui fait son effet : « On ne paiera même pas ! ». Du coup, après le viol de ce midi, tout le monde est chaud cacao même si ça sent le plan Shemy sans garantie

La suite ici

Mas che un negro
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6 Comments

  1. Enorme… Au cours de cette lecture j’étais excité comme une pucelle, les larmes aux yeux, Nostalgique… 2014 on se fait un autre week-end! Italie, Belgique, Croatie… WTF!

  2. Combien de  » Donde esta el negro » y aura t’il ? J’accroche ! Good job et surtout bonne continuation 🙂

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