Où es-tu ?

Ciel voilé, la pluie vient de cesser, ta main dans la mienne me ferait traverser les pires tourmentes. Reste un peu, je t’en supplie, avant que tu ne partes. Reste, juste pour un moment. Je me sens si fort avec toi, comme si j’étais une autre personne, plus confiante, impassible, bienheureuse. On avance sur ce terrain chancelant, sans choir. Sans déraper. C’est comme si tu étais mon équilibre, mon assise. Sans toi, je patinerais. Sans toi, je me laisserais emporter par les rafales, par ce tourbillon de la vie tristement insipide, terriblement trivial. C’est insane, je ne veux pas faire dans le poncif, mais j’ai vraiment l’impression de t’avoir cherché toute mon existence. Quand je nous imagine ensemble, je me dis que rien ne pourrait nous arriver. Non, comment ? Et même si on devait partir, disparaître d’ici, je suis certain qu’on le ferait à deux, n’est-ce pas ? N’est-ce pas ?

Je n’entends que la mer, le bruit des vagues sur les rochers. Je ne sais plus où tu es, tu m’as dit que tu revenais. J’ai peur que tu te sois laissé emporter. Je suis allé là-haut, au sommet, comme tu avais choisi. J’ai fermé les yeux et je t’ai rêvé dans ta robe rouge, si jolie. À un moment, j’ai même senti ta main sur la mienne. Tu me caressais, tout doucement. J’ai alors passé mes doigts dans ta chevelure flavescente, puis je t’ai regardé avec concupiscence. Tu resplendissais, come sempre. [1]

Ton parfum sur mes doigts, ton odeur, elle était absolument partout, elle m’entourait, je ne respirais que toi, n’imaginais que toi, ne voulais que toi. J’ouvre les yeux, je suis toujours seul. Où es-tu ? J’ai passé l’âge de jouer à cache-cache, je te veux mon amour j’te jure, j’sais plus quoi faire, aie pitié, je t’en supplie, je me mets à genoux tout de suite si c’est ça que tu cherches. Je serais prêt à tout pour t’avoir avec moi. Allez, arrête cette diversion stupide et montre-toi, au secours…

Je ne comprends pas. Aurais-tu fui ? Avant que je ne puisse t’embrasser, m’aurais-tu laissé ainsi ? Seul, sur ma faim. Je ne pourrais jamais le supporter, tu le sais bien n’est-ce pas ? Je mets a courir à gauche puis à droite, vite, toujours plus vite, ne sachant où aller. Je vacille parfois, tombe souvent, mais je me relève incessamment, implacablement. Je n’ai prescience de rien. À quoi bon continuer si tu ne viens pas ?

Quelle est cette sensation, je flotte. Je me sens libre à nouveau. J’te vois près de moi, serait-ce encore mon imagination ? Serais-tu vraiment à mes côtés en ce moment ? Ressens-tu aussi ce vent qui me caresse la joue ? J’en suis sûr, tu es là, je sens cette chaleur qui glisse du bout de tes doigts. Mon amour, je suis si heureux que tu sois finalement venue. C’est étrange, c’est horrible, quelle est cette douleur, cette déchirure détestable qui m’arpente le corps ? J’ai mal, vicieusement mal, je ne peux plus bouger. Ta main, où est-elle ?

T’aurais-je à nouveau perdu ? À qui est ce sang sur les rochers ? Où es-tu ?

[1] De l’talien-  come sempre : Comme toujours

Texte inspiré de cette très jolie photo de Céline B nommée  : la tour de Belem à Lisbonne (l’original et plein d’autres ici

La tour de Belem a Lisbonne
La tour de Belem a Lisbonne
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3 réflexions sur « Où es-tu ? »

  1. Très joli texte, triste, beau, plein d’émotion…

    1. Merci beaucoup 🙂 La vie est belle, 19/20 ?! nous voila d’accord 😀

      1. ah ben parfait 🙂 heureuse de l’entendre ^^ hihi

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