Bernie

Avertissement :

Attention ! langage cru comme le poisson sur le marché, peut choquer les âmes sensibles; si vous avez pleuré quand Bambi est mort, ne lisez pas ce qui va suivre

Doug avait pris l’habitude de filmer ses entretiens. Elle était devant lui, chaude, prête à exploser. Elle croisait les jambes, il mourrait d’envie de l’aider à faire le contraire. Elle le regardait avec ses yeux magnétiques. Ni une ni deux, Doug se leva d’un coup et la plaqua contre le mur façon old fashion movie. C’était pas mal, ça avait l’air de lui avoir fait de l’effet. Elle le dévisageait la bouche ouverte, haletant comme si la peur avait raison d’elle. Doug l’embrassait comme une furie et de la main droite il déboutonna son chemisier. Elle n’avait pas mis de soutif. Elle avait une poitrine al dente, bien ferme. Il commença à lui toucher les seins comme un furieux, un vrai repris de justice à qui on avait trop longtemps interdit de tirer son coup. De l’autre main, il fit glisser ses bas.Il passa sa main contre sa cuisse, elle était humide. Ils commencèrent leur affaire. Elle gémissait comme une dingue, Doug adorait les filles qui gémissaient comme des dingues. Il la tourna à droite puis à gauche, il n’avait jamais manqué d’imagination pour ces choses-là. Il essaya quelques positions qu’il avait vu dans un film olé-olé, pendant qu’il prenait son petit dèj. Elle était souple, c’était le pied et Doug avait toujours adoré la pâte à modeler. Ça à du durer un bon quart d’heure, ils suaient, la caméra n’avait rien du louper.

Elle fumait une clope, Doug reprenait son souffle et alla se chercher un verre de pur.

 « — c’était pas mal, finissait-elle par lâcher. Elle était allongée sur le lit, une mèche brune caressait son sein droit.

— ouais.

— T’as l’habitude de faire ce genre de choses ?

— ça arrive.

— ça arrive souvent ?

— quelquefois, c’est charité commune… »

Elle se leva et commença à chercher ses fringues. Elle était vraiment bien foutue, un cul d’enfer. Elle remit sa culotte et cacha les quelques poils de son pubis. Elle se rhabillait. Puis elle se retourna vers Doug et le fixa. Elle prit quelque chose dans son sac et se mis à le pointer vers lui.

— c’est quoi cette merde ? balança-t-il tout en buvant son verre d’une traite

— va te faire raclure !

C’était du gaz lacrymogène et elle appuyait sur le spray comme une furieuse. Doug hurlait à la mort et lui balança son verre pour qu’elle arrête. Elle cessa et le laissa agoniser sur le sol. Doug ne savait même pas s’il l’avait touché, au fond de lui, il espérait qu’elle soit en train de chialer quelque part, le crâne ensanglanté. Sa certitude était qu’il ne voyait plus rien. Il braillait « salope » à tue-tête. Une demie heure plus tard, Doug était seul et il avait retrouvé ses yeux, il prit une bière pour fêter ça, puis deux. On toqua à la porte.

— c’est qui ?

— ta mère !

Jusque-là, la mère de Doug n’avait jamais eu la voix d’un homme. Il alla ouvrir. Devant lui, un bloc de glace, il était immense. Doug avait oublié de remettre un fute, l’homme avisa le vit de Doug qui se prélassait après le dur labeur de ce matin. Il lui décocha une droite qui lui fit faire 2 bonds en arrière. Doug s’éclata sur son lit, la caméra tomba par terre. Il n’avait qu’une solution face à ça, fuir. Doug entendit une femme qui lui hurlait des choses, il avait reconnu sa voix, c’était la poupée de ce matin. Il s’approcha de la fenêtre, un peu désespérée, il habitait au dernier étage, il était fini, à point, bien cuit. Doug mit ses mains devant lui, mais il savait déjà qu’il n’avait aucune chance face à King Kong. Le mec se retourna de nouveau vers elle. Elle se tenait sur le pas de la porte et criait comme une folle furieuse. Elle était vraiment jolie, Doug se vit à nouveau se glisser derrière elle, ce moment où ses mains se sont posés sur ses fesses si rondes, si bien dessinées. Quand il épousa de sa langue son dos cambré au possible ou encore l’odeur sucrée de sa peau et la chaleur qu’elle exhalait. Doug ne voulait que la paix. Repenser à tout ça fini par réveiller son pote plus bat. Doug bandait comme un âne.

— Frank regarde le, il bande ce connard, c’est qu’un pervers, putain Frank botte lui le cul à ce diable ! se mit-elle à hurler.

Frank botta le cul de Doug comme un diable.

Frank finit par se barrer. Doug était en sang, il avait mal absolument partout, mais il respirait encore. Il ne savait pas s’il n’aurait pas préféré être mort tant la douleur lui arracher la tête. Il alla dans la cuisine, il n’avait plus rien à boire, mais Doug savait où se ravitailler.

Summertime résonnait dans son crâne. Beuchet soufflait toujours plus fort dans son saxo. Bernie lui mit un autre verre sur la table. Doug avait arrêté de compter après le 5e. Bernie tournait au pur le salopard. Doug était sûr qu’une étincelle suffirait pour qu’il s’enflamme sur le champ. Il se posa devant lui dans son fauteuil. Ça faisait un moment que Doug n’avait pas mis les pieds ici. Après ce qui lui était arrivé cet aprèm, il avait bien besoin de décompresser. La piaule de Bernie était encore plus minable que celle de Doug. Des magazines de cul trainés sur le sol, « Je ne savais même plus qu’on pouvait se pogner avec ça, pensa Doug, rien à dire ce mec faisait dans le pur vintage. »  Il y’avait des verres vides sur la gauche, des cendriers trop remplis sur la droite et Beuchet, qui les inondait de son talent. Bernie se roula une clope. De temps à autre, il lui jetait un regard oblique en souriant. Le genre de smile qui faisait pleurer les enfants dans les supermarchés. Il alluma sa sèche et cracha un nuage de fumé.

 « – Tu sais, ça fait deux mois que je n’ai pas tiré mon coup…

– C’est long deux mois.

– Ouais, je serais prêt à niquer n’importe quoi, tu sais ?

– Normal.

– L’autre jour, je me disais un truc

– Ouais ?

– Ouais, je me posais une question tu vois, je me disais que si on te mettait un flingue sur la tempe et qu’on te demandait de choisir entre te branler devant ta mère et doigter ta sœur, qu’est ce que tu ferais ?

– Je n’ai pas de sœur

– Admettons

– Ça n’a jamais été mon truc de doigter des membres de ma famille

– Je suis d’accord. Moi, tu vois, je pense que je me branlerais devant ma mère

– Ah ouais ?

– Ouais. »

 Bernie se leva soudainement et se dirigea vers le frigo. Il marchait lentement, il suait, il était répugnant. Il saisit deux blondes et en balança une à Doug.

 – Toi alors ta poule ? finit-il par reprendre tout en reprenant sa place de tout à l’heure.

– Elle me gonfle. Mais je pense que j’y tiens.

– Tu n’as pas envie d’en sauter d’autres de temps à autre ?

– Si, ça m’arrive. Je la trompe parfois.

– Ouais.

– Le pire c’est que je la trompe avec des petites qui sont 15 fois moins bonnes.

– Ouais, c’est toujours comme ça mec, tu ne cocufies pas ta meuf avec des poules plus jolies, sinon tu te barres avec…

– Pas faux. Mais alors pourquoi on le fait ? Pourquoi on à cette envie irrépréhensible de tremper notre phallus un peu partout ?

– Par amour du pinceau dirait Picasso, il finit à nouveau son verre et repris, tu adores le steak non ?

– Quelle question ?

– Eh bien, parfois même si t’aimes le steak, de temps en temps, tu as besoin de le manger avec quelque chose d’autre, comme des frites, elles sont croustillantes, ça te change les frites, elles sont jaunes, elles te divertissent, bref, les frites te font bander. Puis tu te rends compte que les frites c’est trop gras alors tu prends des haricots verts, c’est plus léger et ça te fait bander aussi. Mais ce n’est pas pour autant que tu dois laisser ton steak de côté.

– Jusqu’au jour ou tes frites et tes haricots verts vont discuter avec ton steak et la mon pote, t’auras plus que ta bite pour casser ton assiette vide.. »

Dehors on entendait l’averse qui frappait le sol, les oiseaux s’étaient tus, les taxis klaxonnaient dans une rythmique dissonante, Doug sentait sa tête qui brassait, tout comme l’alcool qui vaguer dans ses veines sans trouver d’issue. Il regarda sa main, elle saignait. Le pansement s’était décollé. Il se versa une goutte de vodka sur le doigt. Bernie le scrutait en souriant. Doug ne sentit rien, comme s’il n’était rien d’autre qu’un être granitique, incapable de souffrir, comme si cette chose qui battait sur sa gauche n’avait que pour tache de faire gicler le sang dans l’épave qu’il était. Bernie lui proposa une autre bière, il refusa. Doug avait un film à regarder.

b
Bernie
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8 réflexions sur « Bernie »

  1. Fallait oser!
    Je dois dire que le début est exaltant 🙂
    En Bref j’ai bien rit, Merci!

  2. Suze pastis menthe 09/09/2013 — 3:13

    « — c’est quoi cette merde ? balança-t-il tout en buvant son verre d’une traite »
    là j’ai ri, je me suis dit « soit il s’en met partout , soit il fait une fausse route, avec une bonne probabilité des 2 ».

    N’empèche tu traines que avec des pervers narcissique ou bien ?

    1. Ahaha, non ça n’est que pure invention je te rassure, je ne suis pas Doug et encore moins Bernie, c’est une belle mise en situation de deux pov types comme on peut en trouver des milliers

  3. Heureusement que tu a prévenu 🙂
    Mais j’ai adoré 😉

    1. Merci, je suis conscient que mon cher Bernie peut choquer les âmes plus douces.

  4. C’est très drôle, c’est charmant, j’ai adoré, merci.

    1. Merci Karal, je pense que c’est l’un de mes moins appréciés par son côté un peu trash. Très inspiré de Bukowski pour Bernie.J’ai surtout voulu créer un dialogue intéressant à lire. Happy you enjoyed it 🙂

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