Ce soir, c’est ta nuit…

Doug avait prévu d’aller au cinéma, il venait de se lever. Il avait passé une nuit agitée, hanté par ses vieux démons. Il regarda dans son frigo, il y’avait deux bières et rien d’autre. Il crevait la dalle. Son modeste T1 lui fila la nausée. Il prit sa veste et s’apprêta à sortir. Lorsqu’il ouvrit la porte, il vit Anna.

Elle pleurait. Son mascara coulait sur sa joue, ses beaux yeux verts étaient rouges.

— Salut Ana, fit Doug

— Salut Doug, fit Anna.

Anna entra puis avança dans le salon. Elle s’assit sur le sofa. Doug posa sa veste et alla chercher les deux bières, il en fila une à Anna.

— C’est qu’un fils de pute ! C’est fini, je l’ai plaqué ce connard !

 Doug but une gorgée de sa blonde.

— Lui et ses ordinateurs à la con, je les ai tous foutus par terre, tu aurais dû voir sa gueule. Que je le quitte, ça il n’en avait rien à foutre, mais alors toucher à son MAC, ça le saint Graal. Quelle vieille merde !

Doug prit une autre lampée. Anna le regardait, elle ne parlait plus et bu à son tour. Doug avait toujours bien aimé Anna. C’était une très jolie femme, elle avait des traits méditerranéens, ses cheveux noirs comme la nuit contrastaient avec sa peau, claire comme le jour. Il ne s’était jamais rien passé entre eux. Le fait de se retrouver seul avec elle commença à l’exciter. Il se mit à l’imaginer toute nue.

— Écoute Anna, je ne sais pas trop quoi de dire moi… je pensais aller au cinéma.

— D’accord je viens.

— OK

Ils se levèrent et se dirigèrent vers la porte. Le parfum d’Anna lui fit frémir les narines. « Bon dieu, ce qu’elle sent bon, pensa Doug » il baissa ses yeux et vis que sa jupe lui moulait les fesses comme jamais. « Elle a toujours eu un cul d’enfer » elle avait l’air de porter des bas. Doug était à deux doigts de lui sauter dessus. Il s’imaginait déjà la scène. Il la bloquerait contre la porte, de sa main droite, il lui soulèverait sa jupe et commencerait à lui caresser l’entrejambe. Il sentait déjà sa main devenir moite, il l’entendait gémir de plaisir.

Anna était en train de le regarder avec inquiétude. Il se rendit compte qu’il était en train de fantasmer sur place. Il ne savait pas si Anna avait aussi remarqué qu’il bandait comme un âne. Il reprit sa veste. Le cinéma n’était pas loin.

Ils marchèrent à peu près 800 mètres. La nuit était chaude, c’était l’été. Anna continuait de parler de son ex, Doug ne l’écoutait pas vraiment, il lui disait ce qu’elle souhaitait entendre. Il trouva le film ennuyant au possible. Il ne ria pas, contrairement à Anna.

 Quelques heures plus tard, ils étaient à nouveau dans la rue.

 — Je n’ai pas envie d’être seule ce soir Doug, lui dit Anna. Il y’avait de l’envie dans ses yeux. Un désir d’être protégée, cajolée, caressée.

 Doug compris, Doug banda.

— Tu peux crécher chez moi s’tu veux. Faut juste qu’on se chope quelques bières, rétorqua-t-il d’un air faussement détaché.

Ils prirent un pack de blondes et rentrèrent chez Doug. Alors qu’ils montaient les marches de son appartement, il sentit son cœur qui battait à toute vitesse. Anna semblait plutôt joyeuse, le film l’avait mise de bonne humeur. Elle avait arrêté de parler de son ex. De retour dans le salon, elle enleva ses chaussures et s’allongea sur le sofa. Depuis quelques minutes, elle se frottait le bout des orteils contre la plante de son pied. Doug n’en pouvait plus, on aurait dit qu’il allait exploser d’une minute à l’autre. Anna avait un petit coup dans le nez, elle vit Doug près du frigo et vint a cote de lui.

— Pourquoi tu ne me rejoins pas sur le canapé ?

— Je ne sais pas Anna, je te trouve très belle…

 Elle sourit puis s’approcha encore plus près. Doug pouvait sentir son souffle haletant sur ses lèvres. Elle se retourna et commença à se dandiner près de lui. Elle frotta ses fesses contre son pantalon. Son épée battait le fer, voulant à tout prix sortir de son étau. Doug était arrivé au break point.

 — Qu’est-ce tu fais Anna ? fit Doug

— Je danse, ça ne se voit pas ? Je ne suis plus belle ?

— Si, mais y’a pas de musique

— Et alors ? fit-elle en se retournant.

Doug vit une étincelle dans les yeux d’Anna. Elle le défiait. Il saisit sa tête et se mit à l’embrasser. Anna lui rendit son baiser et caressa sa langue avec la sienne. Passion et envie, la promesse d’une nuit réussie.

Il faisait sombre, seule la faible lueur d’une lampe les éclairait. Il la souleva à pleins bras et la déposa sur le plan de travail. Anna écarta les jambes. Il lui retira sa jupe, la jeta sur le sol. Ana avait des sous-vêtements noirs. Il lui enleva le bas puis il avança sa tête, l’effleurant avec sa langue. Anna commença à émettre des petits sons étouffés. Elle posa sa main sur son crâne, le forçant à ne pas bouger. Sa peau chaude était humide, son odeur l’enivrait. Elle gémissait de plus en plus fort. Elle lui lança un regard, il comprit, elle ne voulait pas venir tout de suite. Il se mit alors à embrasser sa poitrine tout en continuant de la caresser. Anna lui baisait le cou remontant sa langue jusqu’à ses oreilles. Doug finit par la retourner violemment. Il admira de nouveau ses fesses. « Putain, depuis le temps que j’voulais faire ça, avoua-t-il à voix haute » Doug déboutonna son pantalon et s’approcha d’Anna. Elle était désormais plaquée contre le plan de travail. Elle lâcha un cri. Il continuait toujours plus fort, totalement frénétique, l’excitation l’avait rendu fou. Il sentait tous les frottements, les contacts, l’air qui venait s’infiltrer un peu partout. Il lui retira son soutien-gorge qu’il n’avait jusque-là pas pris le temps d’enlever. Il fut agréablement surpris. « Je pensais qu’elle avait de plus petits seins se dit-il » Anna se tourna subitement et attrapa sa main.

– Doug, commença-t-elle, je veux venir sur toi… je n’ai pas envie de m’arrêter, je veux le faire encore et encore, quitte à en crever, parfois je me demande si je ne suis pas nympho tu sais ? J’ai tellement envie de ça, si souvent… ce soir c’est ta nuit.

Doug n’avait rien répondu. Son cerveau était sur courant alternatif. Il était a présent conditionner que pour le sexe et rien d’autre. Elle continuait de lui lancer des regards concupiscents. Elle finit par se retourner et alla vers la chambre de Doug. Avant d’entrer, elle lui fit signe de la rejoindre.

« C’est peut être ma nuit, mais ce toi, ce sera ta fête, pensa-t-il » tel un bon soldat, devant remplir une mission, il marchait vers elle avec courage, foi et une détermination que seuls la religion et le sexe pouvaient susciter. C’était le bordel dans sa piaule, il n’avait pas prévu de ramener qui, ce soit ce soir. Anna poussa quelques vêtements par terre, puis s’assit sur le lit. Doug était encore debout. Elle s’approcha de lui, saisit sa verge en pleine main et l’introduisit dans sa bouche.

À partir de ce moment, c’était le champ de Mars un 14 juillet. Feux d’artifices, foule en délire, Crie, joie et allégresse. Doug était dans un autre monde. Elle se débrouillait comme une pro. Il n’en revenait pas, il avait toujours cru qu’elle était le genre de fille à laisser dormir la bête dans le garage, seulement prête à la sortir de temps en temps pour éviter qu’elle prenne la poussière. Il avait l’impression qu’on lui caressait le chibre avec un chiffon en velours. C’était parfait, il n’y avait pas d’autres mots plus fort que celui-là. Ça faisait longtemps qu’il n’était pas tombé sur une femme aussi douée avec sa bouche. Dire qu’il l’avait eu auprès de lui durant toutes ces années. Il sentit qu’il était à deux doigts de venir et ne put se retenir. Anna ne broncha pas, elle continuait. Elle finit par décoller ses lèvres charnues et s’en alla boire de l’eau dans la salle de bain. Doug gisait sur le lit, léthargique, inepte inconscient. Il ferma les yeux.

 Anna revint quelques minutes plus tard. Elle avait pris une douche. Ils étaient toujours nus. Elle s’assit à côté de Doug et se mit à reparler de son ex. Doug l’écouta un moment puis s’endormit.

Drapeau blanc.

Anna éteignit la lampe.

Quand Doug ouvrit les yeux, il aperçu les vêtements toujours par terre, son drap était en boule, il était seul , Anna s’était tirée.

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10 Comments

      1. Je trouve que tu écris très bien et c’est surtout cela qui devrait interpeller le monde!
        Seulement entre le titre de ton blog et tes histoires cela provoque l’agacement général, je crois! 🙂
        Et c’est malheureusement encore le jugement en cause!
        Les plupart des gens passent leurs temps à juger, à critiquer et ils passent à côté de l’essentiel « leur vie »!
        Voilà pourquoi je pense que notre seul guide est l’Amour, et que si nous vivions en donnant tout Amour, le monde régnerait en paix!
        Mais c’est à chacun d’entre nous de faire des efforts pour cela et de ne pas attendre que quelqu’un le fasse à notre place.
        Continu tu écris très bien, histoire vécu ou pas! Peu importe! Ce qui compte est de te faire plaisir et crois moi que en ce qui me concerne « j’adore »
        Tu mets du piment dans ma vie 🙂

        Et puis au fond ce que je t’ai dit, tu le sais déjà! 🙂

      2. Merci beaucoup pour ce commentaire 🙂 c’est vraiment très agréable a lire, je suis ravi d’apprendre que toutes ces histoires te divertissent, pour ma part c’est avant tout un besoin d’écrire. J’ai commencé a écrire après une rupture douloureuse et je lisais du Henry Miller au même moment, c’est qui m’a totalement détraqué, je crois… depuis, j’essaie d’alterner les styles entre histoire plus soft, plus littéraire et celle un peu plus trash comme celles de Doug et de l’infâme Bernie. Tout ce blog est vraiment personnel, mais il y’a une part de fiction. J’écris un peu moins en ce moment, car je travaille sur un roman qui regroupe déjà quelques textes que j’ai publiés sur le blog (pour voir un peu comment ils sont reçus) celui-là en fait partie.

        Pour revenir sur ce que tu disais, un monde ou l’amour régnerait, ce serait tellement beau qu’on ne pourrait y croire. Nous sommes faits pour nous écharper, jour après jour. Malheureusement.

        Merci en tout cas pour ce com 🙂

  1. Finalement, mon commentaire « deep » sera pour une prochaine fois. Je manque d’inspiration ce soir… mais je trouve tes billets vraiment supers ! Pour alimenter le fil des commentaires, je ne trouve rien de choquant dans le aventures de Doug. Elles sont narrées avec tact et subtilité. Rien de vulgaire, rien de trivial. J’aime beaucoup. Keep it up ! Je reviendrai 😉

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