C’est New York ! – (Part 3/3)

Je m’étais arrêtais ici, je reprend là:

La lumière était dorée, l’ambiance parfaite. Je ne pouvais espérer mieux pour cette nouvelle rencontre. Notre conversation semblait interminable, aussi mon amie et sa flatmate décidèrent d’aller fumer une clope dehors. Elles voulurent nous laisser toutes les deux, mais on insistait pour qu’elles restent. Même si je trouvais cette fille délicieuse, ce que j’aimais par-dessus tout, c’était de pouvoir lui parler simplement, sans aucune arrière-pensée. Ça faisait du bien d’avoir une vraie discussion avec une femme qui me donnait le sentiment de me comprendre ou qui par sa vision des choses totalement différente, me poussait à la réflexion. J’avais l’impression que ça ne m’était plus arrivé depuis des années. La soirée, se continua dans un autre endroit, à quelques rues de là où on se trouvait. Nous étions trois désormais, mon amie qui travaillait le lendemain préféra aller se coucher. Le bar où on débarqua était totalement vide. Cela ne nous empêcha pas d’y rentrer avec engouement et de nous affaler sur l’une des banquettes en cuir. On parlait tous en même temps sans vraiment s’écouter. On riait et trinquait à se sentiment de liberté et de sérénité créé par l’alcool qui tourbillonnait dans nos veines . Au-dehors, j’apercevais les feux des voitures qui éclairaient la vitre du local. Flashs jaunes virant au rouge, lumière tamisée sur fond de musique rock, j’avais conscience que j’étais en train de passer ma plus belle soirée ici. Errer totalement soûl dans les street de East Village, avec deux femmes géniales que je venais à peine de rencontrer.

Le lendemain, lorsque je racontais tout à mon amie, elle se moqua de moi. Elle disait que je faisais toujours la même chose quand il s’agissait d’une jolie fille. Elle me connaissait bien, j’avais tendance à embellir absolument tout d’une personne si elle me plaisait, cela dit, je n’avais vraiment pas l’impression de l’avoir fait cette fois-ci. Tout m’avait semblé authentique.

Je marchais paisiblement dans les rues. C’était ma dernière journée à New York et j’avais ce sentiment étrange de savoir que tout ce qui m’entourait n’était là que pour une question d’heures. Tout cela allait disparaitre. Retour à ma vie normale en Europe. Je me disais que cette possibilité de s’évader, de se retrouver à l’autre bout de la terre en quelques heures, était bien la seule chose que j’aimais de ma génération. C’était si beau de s’imaginer, qu’à une porte d’embarquement près, je pouvais trouver tout cela. Ces buildings si hauts à en perdre la raison,  ces taxis jaunes comme dans les films. Sans parler de toutes ces âmes qui ne m’avaient jamais vu auparavant. Moi, insignifiant, transparent, je m’immisçais dans leur quotidien, je les observais partir travailler, chercher leurs enfants et puis pffiou, comme si de rien n’était, un mirage passe et je n’y suis plus. Je ne les croiserais probablement plus de ma vie. Je savourais ce moment d’instantanéité pure.

Le vent était toujours aussi glacial, de la fumée émanait des bouches d’égout. Quelques sans-abris trainaient dans les rues. Un homme passa près de moi. Il tenait dans sa main, une  bouteille recouverte d’un pochon de papier. J’eu de la peine pour cette homme que le froid devait maltraiter jours après jours.

Le ciel était bleu et le soleil se cachait derrière ces grandes tours de verres. Je pensais à mon amie qui travaillait j’aurais appréciais l’avoir avec moi, mais j’aimais également vivre ce voyage seul. Ça me convenait parfaitement. J’avais l’impression de plus profiter de chaque moment. De pouvoir me retrouver avec moi même, m’égarer autour de toute cette masse en permanence qui me donnait le sentiment de m’accompagner, de me tenir la main. Après avoir fait un ultime détour sur Broadway Street et ainsi, salué une dernière fois le Flatiron Building, je décidai de prendre le ferry pour me rendre sur Staten Island. On m’avait dit que je pourrais voir la Statue de la Liberté.

Je partis en fin d’après-midi pour avoir une chance d’apercevoir le sunset. Je rejoignis une gare maritime ou des centaines de personnes attendaient le prochain bateau pour rentrer chez elles. Quelques touristes étaient là également. L’embarcation arriva, je filai au dernier étage. La lourde porte de fer coulissa et je me retrouvai sur le pont. Les rayons du soleil me caressaient les joues, la bourrasque me faisait danser. Je finis par me poser sur un banc.  Le grand Manhattan sur ma droite, la mer en face de mes yeux, le massif pont de Brooklyn sur ma droite, j’eus  comme l’impression que rien ne pouvait m’atteindre. À quelques mètres, les mouettes volaient allègrement. Le bateau s’éloigna du quai et je vis Wall Street, devenir de plus en plus petit. Je tournais la tête et aperçus cette douce teinte jaune orangé, cette lueur nous abandonnant quotidiennement. Je remarquai également cette flamme tendue avec défiance vers le ciel. C’était comme si elle disait : « tu peux t’en aller, moi je continuerais de briller pour eux ». La Statue de la Liberté dans toute sa splendeur, la même que des millions de migrants avait remarqué avant de poser le pied sur une terre qu’ils s’imaginaient promise. New York existait par le biais de tous ces symboles forgé dans l’imaginaire collectif. De la force qu’ils représentaient pour une ville si importante dans l’histoire de ce pays et même du monde entier.

Avant de rentrer chez mon amie, je pris le Subway en direction de Time Square. Ici encore, l’agitation était totale. À droite des flashs lumineux et toute ce torrent de personnes, à gauche, des voitures, encore et toujours, des publicités en pagaille, tellement qu’il faudrait plus d’une vie pour toutes les regarder. L’overdose. C’était cela, l’abus absolu. L’hyper consommation dans toute sa splendeur. J’avais la nausée. Je pouvais comprendre que plusieurs personnes abhorraient cet endroit. Puis, comme toute place sur terre, je me disais que tout n’était qu’une question d’appréhension. Certains devaient rester bloquer sur ce trop, cette superficialité déplorable, ne cherchant pas a la connaitre intiment. Quant aux triste extrémistes, ceux qui avaient voulu la détruire, ils étaient simplement jaloux. Envieux de cette population et de sa mixité, de son unité, témoin d’une force sans précédent. Blasé de voir que même blessé et le genou à terre, en cendre et le visage recouvert de poussière, New York parvenait toujours à s’en sortir et à sourire. Assis sur mon siège de métro, je rentrais en souriant tranquillement. J’avais enfin saisis le sens de ce que me répétait mon amie depuis mon arrivée, « C’est New York ! »

THE END

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3 Comments

  1. Cela fait un moment que je n’ai pas pris le temps de m’arrêter chez vous. Très touchée par ces tribulations new-yorkaises, la ville de mon cœur. Outre ma famille qui vit là bas, j’aime tant cette ville, son énergie inépuisable et si contagieuse. Comme vous, bouleversée par le Mémorial, j’ai pourtant trouvé si belle cette symbolique de l’eau qui descend et remonte, comme si elle avait le pouvoir de laver ces horreurs. Et cette liste des noms, interminable… Ravie pourtant que la nouvelle tour, que je continue à appeler Twin ait pris place, puisque j’ai vu Ground Zero, peu de temps après la tragédie, là, l’horreur était pure.
    Et la promenade sur le ferry, je l’ai faite mille fois, de jour, de nuit, je ne m’en lasse jamais.
    J’y ai été, en août, je préfère le 40 à l’ombre 🙂
    Merci pour ce récit si émouvant et plein de questionnements.

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